L’archétype de la femme Cougar

Esquis­sons ensemble un por­trait de ce félin huppé…

La femme cou­gar a la qua­ran­taine, elle est divor­cée et ses enfants sont déjà grands… Le cycle de la Maman Aimante est passé. On retourne au cycle de la Femme Amante (ou char­nelle au sens Bau­de­lai­rien). Ses enfants sont grands, elle a donc plus de temps et d’argent dis­po­nible. C’est son épanouis­se­ment per­son­nel qui compte à pré­sent. Plaire à des jeunes hommes est un moyen de se ras­su­rer. En quête d’une jeu­nesse qu’elle sou­haite pro­lon­ger, elle réaf­firme sa fémi­nité et se récon­ci­lie avec elle-même. Elle espère bien cro­quer la vie (et les hommes) à pleines dents. Consom­ma­trice décom­plexée fidèle à l’achat plai­sir, elle pense que sa libé­ra­tion sexuelle n’est qu’un juste retour de bâton au démon de midi. En effet, le cli­ché de l’homme de la cin­quan­taine au volant d’une belle voi­ture alle­mande, avec une jolie blonde de 20 ans à ses cotés est très pré­sent aujourd’hui. Il est presque conven­tion­nel. Mais, à l’inverse, une femme dans la cin­quan­taine au volant de la même voi­ture, avec un gar­çon de 30 ans son cadet, pose pro­blème… Pour­tant, c’est une belle revanche dans les com­bats fémi­nistes… la femme est l’égale de l’homme sur­tout dans ses excès.

Coté pub, ça passe mal :

Dans la publi­cité, l’archétype de la femme cou­gar reste dis­cret. On pour­rait ima­gi­ner que ce per­son­nage mar­gi­nal fait tache dans les valeurs d’un pays de tra­di­tion catho­lique. Ren­voyer l’image d’une marque qui fait l’éloge d’une rela­tion presque inces­tueuse a de quoi rebu­ter les annon­ceurs. On ima­gi­ne­rait bien pour­tant Dolce & Gabanna, après avoir pro­posé une cam­pagne fai­sant l’apologie d’une rela­tion tri­par­tite (une femme et deux hommes), pro­po­ser dans quelques années une union cougar/Toy-boy. Ce serait l’occasion de dérin­gar­di­ser des séniors en plein papy­boom. Brecht écri­vait dans ses Remarques sur gran­deur et déca­dence de la ville de Maha­gonny que : « La pro­vo­ca­tion est une façon de remettre la réa­lité sur ses pieds ». N’est-ce pas l’une des mis­sions de la publi­cité, pro­vo­quer en reflé­tant cer­taines réa­li­tés marginales ?

Source :

L’Amérique découverte par la correspondante de Libération à Washington, Lorraine Millot

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