Et si le geek m’était conté ?

Tan­tôt « screen addict » tan­tôt « tech­no­philes », les geeks sont de vrais Bill Gates en herbe qui sont pas­sion­nés par tout ce qui a trait à l’informatique de manière obses­sion­nelle et sont sou­vent défi­nies comme des per­sonnes fer­mées au monde exté­rieur. Leur vie sociale est d’ailleurs une des grandes énigmes à laquelle les plus grands socio­logues s’attèlent à répondre. Mais à y regar­der de plus près, le geek n’est pas exac­te­ment l’individu que la société cari­ca­ture à l’extrême. Fini l’image de bou­ton­neux bino­clard, le geek est aujourd’hui ten­dance, hype et de bon goût. Très sou­vent de bons conseils — ce sont eux qui vous donnent des petites astuces sur les forums infor­ma­tiques lorsque vous avez des bugs – le geek, par son atti­tude natu­relle à être early adop­ter, teste en avant pre­mière les nou­veaux pro­duits high-tech du mar­ché avant de nous repor­ter, tel un swot mar­ke­ting, les rai­sons ou les freins à l’achat du pro­duit. Leur avis est sou­vent suivi par les consom­ma­teurs qui leur attri­buent une confiance aveugle. Un autre point reste à éclair­cir sur le pro­fil du geek. Même si le geek reste majo­ri­tai­re­ment à domi­nante mâle, une nou­velle com­mu­nauté sous-jacente prend son envol : les gee­kettes. Véri­table petite génie de l’apt-get ins­tall*, la gee­kette prend son indé­pen­dance vis-à-vis du genre mas­cu­lin et s’affirme comme membre à part entière de la com­mu­nauté geek. Mais com­ment devient-on gee­kette, une ques­tion que tout un cha­cun est en droit de se poser : la réponse se trouve ici : Comment je suis devenue une geekette , par Lau­rence Jacquet. 

Aujourd’hui, le geek se retrouve pro­pulsé sur le devant de la scène et devient le membre de com­mu­nauté pré­féré des media. En effet, deux des prin­ci­paux net­works amé­ri­cains, CBS et NBC, ont signé en 2007 des pro­jets de séries met­tant en scène nos amis les incon­di­tion­nels du high-tech, les experts du HTML, les adeptes de jou­jous numé­riques sophis­ti­qués. La pre­mière, The Big Bang Theory, comé­die sit­com pro­duit par CBS, met en scène la vie de 2 geeks qui sont plus à même de par­ler de phy­sique quan­tique que de faire face aux rela­tions humaines, jusqu’à l’arrivée d’une blonde sexy qui va les rame­ner vers la vie réelle grâce à un life coa­ching. La deuxième, Chuck, comé­die dra­ma­tique de la NBC, raconte le quo­ti­dien d’un jeune infor­ma­ti­cien qui détient dans sa mémoire une impor­tante base de don­nées conte­nant de nom­breux secrets gou­ver­ne­men­taux. Il est recruté par la NSA (Natio­nal Secu­rity Agency) pour des mis­sions d’espionnage. 

Même si le por­trait que l’on dresse du geek frôle par­fois la cari­ca­ture, ces deux séries ont su mettre la lumière sur cette com­mu­nauté d’accros aux ordi­na­teurs – une vraie dédi­cace – en s’appuyant sur des codes clas­siques de la bible des séries : humour et auto­dé­ri­sion. Aucun renou­vel­le­ment du genre n’est à déplo­rer mais le trai­te­ment scé­na­ris­tique amène à un atta­che­ment rapide à ces nou­veaux héros. 

Plus fort encore, une chaîne de télé­vi­sion, Nolife, a vu le jour en France le 12 février 2007. Une chaîne entiè­re­ment axée sur la culture geek et leurs centres d’intérêts. 

Même les lit­té­raires ont laissé leur plume s’enflammer pour écrire ici et là quelques papiers sur le sujet, don­nant nais­sance à des œuvres comme Micro­serfs de Dou­glas Cou­pland ou encore Le Neu­ro­man­cien de William Gib­son. Le geek va même trou­ver sa place dans les vignettes de bandes des­si­nées où il tient le rôle de héros tel Dil­bert de Scott Adams ou encore Les Geeks, BD éponyme sur la com­mu­nauté de GANG, Tho­mas Labou­rot et Chris­tian Lerolle. 

Alors pour­quoi la com­mu­nauté geek fascine-t-elle autant ? Pour­quoi les media en sont-ils accros ? 

Pre­miè­re­ment, les geeks repré­sentent une com­mu­nauté de plus en plus éten­due à tra­vers le monde. Ils parlent un lan­gage uni­ver­sel et convergent autour de centres d’intérêts simi­laires. En témoignent le nombre gran­dis­sant de blogs sur le sujet. Ils contri­buent aussi à construire le mythe de cer­tains block­bus­ters dans l’univers ciné­ma­to­gra­phique (Star Wars, Matrix où le geek est élevé au rang de super héros,…) en leur vouant un véri­table culte. Le geek est donc une popu­la­tion pri­vi­lé­giée pour les net­works car ils sont par­fois trend set­ters, sou­vent lea­ders d’opinion, mais tou­jours relais d’information. 

D’un point de vue busi­ness, les geeks consti­tuent un impor­tant vivier de consom­ma­teurs car ils sur­con­somment les pro­duits High Tech et repré­sentent un fort poten­tiel com­mer­cial pour de nom­breux sec­teurs qui cherchent à atteindre rapi­de­ment le fameux retour sur investissement. 

2007 a sans conteste été l’année des geeks. Ils ont occupé une place impor­tante dans les media qui en ont fait un sujet pri­vi­lé­gié. Mais en même temps, vous qui être en train de lire cet article sur ce blog, n’êtes-vous pas un peu habité par la geek attitude ? 

En savoir plus sur The Big Bang Theory , en savoir plus sur Chuck, en savoir plus sur la chaîne No Life  :

* apt get ins­tall : Apt-get est un outil logi­ciel à uti­li­ser en ligne de com­mande. Il per­met d’effectuer l’installation et la dés­ins­tal­la­tion facile de paquets en pro­ve­nance d’un dépôt APT.

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