Marketing for the people

Le Billboard Liberation Front est un col­lec­tif qui date de 1977. Leur credo : l’ « impro­ve­ment » des pan­neaux publi­ci­taires, pri­son­niers selon eux du poli­ti­que­ment cor­rect. Un exemple : ce « bill­board » pour Hil­ls­dale, un centre com­mer­cial. Quelques lettres pri­vées d’électricité par une opé­ra­tion soi­gneu­se­ment pré­pa­rée, et le tour est joué : Lucy quitte son triste Mall pour rejoindre the sky, whith dia­monds bien sûr.

Etrange étrange, ce BLF, qui contrai­re­ment aux col­lec­tifs anti-pubs que l’on connait en Europe, s’attaque aux mes­sages com­mer­ciaux en détour­nant l’outil pour mieux le magni­fier. Mais est ce vrai­ment si différent ?

La seule chose qui change vrai­ment, et c’est là tout le mérite du BLF, c’est la pleine conscience de la contra­dic­tion qui anime les anti-pubs clas­siques (et même cer­tains artistes comme le met­teur en scène Rodrigo Gar­cia qui uti­lisent volon­tai­re­ment les pro­cé­dés qu’ils dénoncent). Condam­ner le média via le média : Art de la guerre, ou hypocrisie ?

En chan­geant le mes­sage, en l’améliorant (« board impro­ve­ment »), le BLF trans­forme du même coup le sens même du médium… et s’en donne à cœur joie en oppo­sant son hédo­nisme liber­taire à l’ennui latent dont il accuse les mes­sages com­mer­ciaux. The begin­ning of some­thing wonderful ?

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